On demande souvent aux chauffeurs de respecter le plan. Mais est-ce qu’on se demande assez souvent si le plan respecte les chauffeurs?
À l’occasion de la Semaine nationale de reconnaissance des camionneurs, nous allons naturellement remercier les chauffeurs pour leur travail.
Mais la reconnaissance devrait aussi se traduire dans la façon dont nous concevons nos opérations.
Parce que trop souvent, le chauffeur devient la variable qui absorbe les inefficacités de toute la chaîne.
Une heure de retard n’est jamais seulement une heure
Imaginez une situation simple.
Un chauffeur commence sa journée avec plusieurs livraisons. Sa route est planifiée et ses rendez-vous sont confirmés.
Il arrive à 9 h, comme prévu. Mais le quai n’est pas disponible ou la marchandise n’est pas prête.
Il attend.
Pour l’entrepôt, ce retard peut sembler être un imprévu parmi d’autres. Pour le chauffeur, il peut compromettre le reste de sa journée : prochain rendez-vous, circulation, fenêtre de livraison, heures de conduite.
Et surtout, le chauffeur n’a créé aucun de ces problèmes. Il en absorbe simplement les conséquences.
Ce scénario est loin d’être exceptionnel.
39,3 %
C’est la proportion d’arrêts pour lesquels les chauffeurs interrogés dans une étude de l’American Transportation Research Institute ont rapporté une détention de plus de deux heures en 2023.
À l’échelle américaine, ATRI estime que ces détentions représentent plus de 135 millions d’heures sur une seule année.
Mesurons aussi la qualité du plan
Dans une chaîne d’approvisionnement, nous mesurons beaucoup de choses : respect des délais, temps de transit, utilisation des actifs, coût par livraison.
Mais une question est parfois oubliée :
Est-ce que le plan était réellement exécutable?
Une route peut être optimale dans un système et irréaliste sur le terrain. Un rendez-vous peut être correctement planifié sans que le quai ait réellement la capacité de recevoir le camion.
Nous considérons la capacité d’un entrepôt comme une contrainte. La disponibilité d’un quai comme une contrainte. La capacité d’un camion comme une contrainte.
Le temps du chauffeur devrait être traité avec la même discipline.
La performance du transport ne commence donc pas lorsque le camion quitte la cour. Elle commence avec la préparation des commandes, la disponibilité des quais, la construction des chargements, les rendez-vous et la conception des routes.
Et si le problème n’était pas le manque de données?
Les entreprises disposent aujourd’hui d’une quantité considérable de données. Le défi est souvent qu’elles sont dispersées.
Le WMS connaît l’état de préparation des commandes et les opérations d’entrepôt. Le TMS connaît les routes, les transporteurs et les rendez-vous. L’ERP connaît les commandes et les priorités clients. D’autres outils peuvent contenir les données de trafic, de télématique ou les heures réelles d’arrivée et de départ.
Chaque système possède une partie de la réponse.
Mais individuellement, aucun ne voit nécessairement l’ensemble de la situation.
C’est là que le Process Orchestration, combiné à l’IA, peut devenir particulièrement intéressant.
En connectant plusieurs sources de données, il devient possible de créer une vision plus complète des opérations et surtout d’agir plus rapidement lorsque la réalité commence à s’éloigner du plan.
Si une commande prend du retard dans l’entrepôt, cette information peut être mise en relation avec l’heure d’arrivée prévue du camion, la disponibilité du quai, les rendez-vous suivants et les contraintes de la route.
Plutôt que de découvrir le problème lorsque le chauffeur arrive, l’objectif est de pouvoir l’anticiper et d’adapter l’opération.
L’IA peut également aider à analyser l’historique des opérations pour faire ressortir des tendances : quais régulièrement congestionnés, temps de chargement sous-estimés, fenêtres de rendez-vous irréalistes ou routes particulièrement sensibles aux retards.
L’objectif n’est pas d’ajouter un système de plus. C’est de faire mieux travailler ensemble les données et les systèmes que l’entreprise possède déjà.
La reconnaissance peut commencer par un meilleur plan
Chez Avalon, c’est aussi notre façon d’aborder ce type de défi : regarder la chaîne d’approvisionnement dans son ensemble, connecter les systèmes, les données et la réalité du terrain afin de transformer l’information en décisions opérationnelles plus efficaces.
La technologie et l’IA peuvent certainement nous aider. Mais elles doivent servir un objectif très concret : construire des opérations qui fonctionnent mieux pour ceux qui doivent les exécuter.
Parce qu’améliorer la performance ne signifie pas simplement demander aux chauffeurs de mieux respecter le plan.
Parfois, la meilleure amélioration consiste à leur donner un meilleur plan à exécuter.
Merci aux chauffeurs qui transforment nos plans en réalité chaque jour.